Je m’appelle Akua Kwateng-Addo. Je suis la Directrice du Bureau Régional de la santé de l’USAID/Afrique de l’Ouest.

Je m’appelle Modibo Maïga. Je suis le directeur régional de HP+ West Africa financé par l’USAID.

Sur ce que représente le Partenariat de Ouagadougou

Akua Kwateng-Addo : Le Partenariat de Ouagadougou est un mouvement très fort qui a beaucoup accompli. Donc, à mon avis, après 2020, nous allons consolider les acquis et aider les pays qui sont un peu en arrière à faire beaucoup plus de progrès. Les élus, les gouvernements, les bailleurs doivent travailler ensemble pour faire beaucoup plus de progrès dans le domaine de la planification familiale. J’espère bien qu’on pourrait considérer ajouter des pays de l’Afrique de l’Ouest anglophone comme le Ghana, le Libéria, la Sierra-Leone (etc.) au partenariat pour que toute la région ait la même opportunité afin d’améliorer la situation de planification familiale.

Modibo Maïga : Le partenariat a beaucoup fait. Aujourd’hui, nous avons un élan extraordinaire dans le domaine de la planification familiale. Nous avons une augmentation de la prévalence contraceptive qu’on n’a jamais eue depuis plus de 20 ans. Et cela est à saluer. Aujourd’hui, il y a des pays qui sont autour de 30%. C’est inimaginable. Je crois que si ce progrès continuait, cette région améliorera davantage la santé des mères et celle des jeunes filles. C’est extrêmement important. Et Comme l’a dit Akua, je pense qu’il faut aussi penser à « l’après 2020 ».

Ce mouvement a été suivi par de nombreux pays et je crois qu’il pourrait aller au-delà des pays francophones un jour. Il faudrait y penser. Il faudrait consolider les acquis et continuer à mettre l’accent sur les jeunes. Il faudra également impliquer davantage le secteur privé que ce soit le secteur privé lucratif ou celui sanitaire.

Nous devons continuer à insister sur la multisectorialité. D’autres départements autre que le ministère de la santé doivent davantage s’impliquer. Je pense aux départements des femmes, des jeunes, de la communication, de l’éducation (etc.) qui ont des rôles extrêmement importants à jouer dans la capture du dividende démographique. 

Sur le rôle et le fonctionnement de l’UCPO après 2020

Modibo Maïga : Je ne crois pas qu’il faille en faire une trop grosse unité. Je crois que ce qu’il faut éviter, c’est d’avoir une trop grande bureaucratie. Ce dont on a besoin, c’est une unité légère comme celle qui existe aujourd’hui, peut-être à la limite la renforcer si on a des pays anglophones ajoutés un jour.

Il faudra continuer la collaboration si bien faite avec Etrilabs et Redstone, parce qu’ils ne sont pas souvent sur la scène mais ils font un travail formidable pour aider le PO. Avec peu de staff, le PO avec l’appui de ces partenaires et des bailleurs de fonds parvient à faire un travail extraordinaire. C’est ça l’avantage comparatif du partenariat.

Akua Kwateng-Addo : Je pense que l’UCPO fonctionne très bien. Comme Modibo l’a dit, c’est une structure légère. Elle a beaucoup de flexibilité.

Sur les défis qui restent à relever pour que le PO soit un succès après 2020

Akua Kwateng-Addo : Ce que moi j’attends, après 2020, c’est peut-être de trouver un moyen pour que le PO s’engage avec les institutions régionales et interrégionales comme OOAS (Organisation Ouest- Africaine de la Santé). Il faut que le PO devienne de plus en plus une structure d’institutions régionales qui implique tous les pays anglophones, francophones, lusophones : une corporation vraiment régionale. L’autre chose que le partenariat a bien fait, et qu’il doit continuer après 2020, c’est de se focaliser sur les jeunes comme on l’a déjà dit. Les jeunes constituent l’avenir et c’est important qu’on les aide à prendre le leadership pour le partenariat. Je pense que nous avons aussi une opportunité avec les organisations de la société civile. Nous, les bailleurs, quelques fois, nous n’avons pas ces opportunités. Donc, je pense que le partenariat pourrait nous pousser dans cette direction. Le chemin est long mais on va y arriver. 

Maïga Modibo : Je suis complètement d’accord avec elle, et je voudrais ajouter aussi l’aspect de la mobilisation des ressources endogènes. Il est extrêmement important que nos gouvernements accordent une place de choix au financement de la planification familiale. Comme je le dis très souvent, la planification familiale est l’arme nucléaire du dividende démographique. Je pense que c’est important que les ministères des finances deviennent des partenaires pour la PF et qu’on montre les avantages comparatifs pour tous les autres ministères.

Je crois qu’une chose qu’on ne dit pas suffisamment aussi, c’est l’atteinte des objectifs du développement durable. On a un rendez-vous d’ici 2030. Et c’est maintenant qu’il faut commencer. Et là aussi, nous avons fait des modèles qui montrent comment la planification familiale peut contribuer à l’atteinte des objectifs de développement durable. Ce rôle doit s’amplifier au niveau des décideurs les plus élevés pour que le financement endogène soit beaucoup plus grand qu’il ne l’est aujourd’hui. Des efforts ont été faits mais nous devons continuer et faire plus parce que les partenaires ont beaucoup fait.

Interview réalisée par EtriLabs