Je m’appelle Stéphanie Rapp et je suis la Coordinatrice des Partenariats Mondiaux de l’ONG MUSO.

Sur les grandes réalisations du PO à célébrer

Le partenariat de Ouagadouga est très important parce qu’il crée un espace ou toutes les parties prenantes peuvent se concerter et avoir l’opportunité de trouver de nouvelles stratégies pour impacter l’accès à la santé sexuelle et reproductive et la planification familiale.

J’espère qu’à l’avenir, nous trouverons un mécanisme d’intégration de la planification familiale au programme de soins ordinaires incluant la santé de la mère, de l’enfant et de la communauté en générale. Car nous avons pu constater, sur site par rapport à nos programmes que les femmes sont plus ouvertes à parler de planification familiale si les ASC (Agent de Santé Communautaire) sont bien connues d’elles. 

Si les ASC visitent les familles tous les jours ou au moins deux fois par mois, il y aura plus de confiance et mieux plus de confiance en matière d’assistance sanitaire. Si la femme voit que l’ASC a aidé son enfant à guérir du paludisme par exemple, elle sera plus ouverte et pourra entamer les discussions sur la planification familiale.

Sur les défis qui restent à relever pour que le PO soit un succès après 2020

Je pense qu’il y a beaucoup d’opportunités et à l’avenir j’espère que le PO après 2020 pourra se pencher sur comment mieux intégrer la planification familiale dans les interventions qui sont déjà efficaces parce qu’elles auraient eu déjà des impacts sur la communauté et comment réfléchir à augmenter la confiance en assistance sanitaire car il y a beaucoup à investir dans ce domaine.

L’assistance sanitaire est vraiment importante, il faut s’assurer que les soins primaires sont disponibles dans les centres de santé communautaires et vérifier si ces centres sont bien équipés. Il faut aussi s’assurer d’aller vers les femmes et dans leur maison afin de comprendre les barrières qui les empêchent d’avoir accès aux soins pour essayer de les résoudre. Fournir les ASC et les inviter à se munir des méthodes de la planification familiale dans leur sac lors de leurs déplacements.

Nous sommes une organisation qui s’implique au niveau communautaire et particulièrement auprès des ASC proactifs qui font des visites porte-à-porte chaque jour dans la communauté pour aller à la rencontre des femmes et dans les malades qui sont dans le besoin.

Dans notre stratégie pour les cinq prochaines années, nous avons intégré les résultats de nos recherches opérationnelles au sein de notre travail. Nous avons beaucoup d’études encours actuellement qui étudient l’accès à la planification familiale, l’impact des interventions communautaires sur la mortalité juvénile et infantile. Aussi, l’idée est que nous voulons créer un modèle qui pourra influencer les protocoles politiques qui sont recommandés en matière de santé communautaire partout dans le monde.

Nous avons des programmes qui démontrent de grands impacts sur la lutte contre la mortalité juvénile et infantile. Nous prévoyons d’avoir des programmes similaires en rapport à l’augmentation du niveau de confiance en matière de santé et de planification familiale. 

Actuellement, nous sommes au Mali et nous ne pouvons montrer ces résultats. Notre plan stratégique est d’augmenter notre présence dans les régions, de fournir des services directs à la population dans au moins un ou deux autres pays dans les prochains 5 ans. Enfin, dans ce cadre, nous avons récemment lancé un partenariat avec le gouvernement ivoirien, mais seulement sur l’appui technique par rapport à la stratégie nationale pour la santé communautaire.

L’objectif global est de montrer l’efficacité et l’adaptabilité de ce modèle dans différents environnements géo- politique et sociaux afin de pouvoir impacter les prises de décisions au niveau des organes décisionnaires.

Le président du Mali a récemment annoncé une grande réforme nationale sur la santé qui se focalise particulièrement sur la santé primaire. Cette réforme concernerait la gratuité de soins pour les enfants de 0 à 5 ans, les adultes de plus de 70 ans, pour les femmes enceintes, et les services de la planification familiale.

C’est un grand avancement, car cela montre, au Mali, que le coût des soins sanitaires aux niveaux des centres communautaires constitue l’une des grandes barrières. Pour nous, c’est une grande avancé dans le processus de vulgarisation de nos programmes. Cette réforme aussi concerne l’élargissement la couverture des ASC au plan national pour toute la population.

Interview réalisée par EtriLabs